Bienvenue dans l'édition 10 de ma newsletter : le fil d'Agathe.
Chaque dimanche à 10h, je vous déroule un fil d'inspiration pour suivre une vie alignée avec qui vous êtes vraiment.
Dans cette édition, je vous parle d'expatriation, de reconversion et de remise en question identitaire.
Bonne lecture !
Un "mal du pays" inattendu
Je viens de passer dix jours à Phnom Penh au Cambodge. J'y étais pour des raisons administratives : le renouvellement d'un visa pour mon compagnon et d'un passeport pour moi.
Ce qui m'a surprise, c'est que très vite nous nous sommes mis à ressentir le "mal du Vietnam". La nourriture cambodgienne nous attirait moins. Les prix étaient plus chers. La langue difficile à lire. Et surtout, la cuisine vietnamienne nous manquait !
Quand nous avons enfin repassé la frontière pour entrer en territoire vietnamien, nous étions heureux. Heureux de revoir des mots familiers en vietnamien sur les pancartes, heureux à l’idée de manger à nouveau un banh mi ou un pho et de retrouver les petites familiarités que nous commençons à développer ici.
C'est étrange cet attachement que l’on développe pour une cuisine, pour une langue, pour un pays... qui n'est pas celui dans lequel on a grandi à la base.
Ce mal du pays était d'autant plus inattendu pour moi que, jusqu'à présent, lorsqu'un endroit me manquait, c'était toujours la France.
Je me souviens que la première fois que je suis allée au Vietnam, j’avais 11 ans. Au bout de 3 semaines, je ressentais le mal de la France. Je voulais retrouver ma maison et manger de la nourriture occidentale. Je me souviens notamment que nous avions mangé avec ma famille un gros hamburger au MacDo à l’aéroport avant de partir !
Une curiosité née au fil du temps
Aujourd'hui, je constate une réelle évolution dans mon rapport au Vietnam. Quand j'étais petite, ce pays ne m'attirait pas du tout. Je ne me sentais pas fière d'être née au Vietnam et je voulais qu'on me considère comme Française avant tout.
Quand je pensais au Vietnam, je voyais des chapeaux coniques, des rizières, des paysages ruraux synonymes d'un pays sous-développé. La langue et ses sonorités parfois nasales ou gutturales me paraissait laide à écouter. Les pays qui me faisaient rêver étaient plus modernes comme les Etats-Unis ou le Japon. Le Vietnam à côté me paraissait ringard.
Aujourd’hui, les choses ont radicalement changé. J'ai fait le choix de retourner vivre au Vietnam. Je prends du plaisir à apprendre la langue et à jouer aux devinettes quand je lis les pancartes dans la rue. Je tends l’oreille lorsque j’entends des Vietnamiens parler pour voir si je reconnais quelques mots. Je n’ai plus de jugement de valeur sur cette langue que je trouvais "moche" quand j’étais enfant. J’ai appris à l’accepter telle qu’elle est.
Finalement, ce qui a changé, c'est le regard que je porte sur le Vietnam. J'ai remplacé les jugements et les clichés par une curiosité neutre et sincère. C'est ce qui me permet de découvrir ce pays sans a priori et d'apprendre à l'apprécier, petit à petit.
Je commence aussi à développer mes préférences culinaires pour des plats vietnamiens plutôt que d'autres, ainsi que des attaches à des petits détails typiquement vietnamiens que j'aime voir dans mon environnement, une sorte de familiarité avec des paysages et des scènes de la vie quotidienne auxquels je m'habitue et qui me font me sentir de plus en plus "chez moi". Alors que je ne me sentais pas Vietnamienne, une nouvelle part de moi semble adopter le Vietnam de plus en plus chaque jour.
Une identité en mouvement

Cette expérience m’a ramenée à une réflexion plus profonde : et si notre identité n’était pas figée ? Et si elle se construisait, jour après jour, au contact du monde ?
En vérité, il n’y a pas de pays mieux qu’un autre, il n’y a que des préférences personnelles. Des préférences que l’on construit en fonction de nos expériences de vie, de nos souvenirs et de nos émotions.
En n’ayant grandi qu’en France, je me suis naturellement sentie Française. Mais cette identité française est une construction, encore plus dans ma situation en tant que personne adoptée. C’est en me plongeant dans la culture française, dès tout bébé, à l’époque où mon cerveau était encore vierge, que je suis devenue Française.
Je n’étais pas Française, je le suis devenue. Dans ma tête mais aussi administrativement. Il y a eu un jugement du tribunal qui m'a décrétée Française tandis que mon identité vietnamienne de naissance a été effacée.
Alors je me demande : et si l’attachement que l’on ressent pour un pays n’était finalement qu’une question de temps ? Le temps de vivre des histoires, des relations, des émotions positives... Suffirait-il que je vive au Vietnam autant de temps que le nombre d’années que j’ai vécues en France pour me sentir à part égale entre les deux pays ?
Je n'ai pas la réponse à cette question et il existera autant de réponses que de personnes différentes. Mais j'aperçois à travers mon vécu un monde de possibles infinis et de vertiges : si nos identités sont des constructions, nous pouvons en partie les déconstruire et aussi les faire évoluer.
Le parallèle avec la reconversion

Cette expatriation et les questionnements identitaires qui l'accompagne me font aussi penser à la reconversion.
Quand on change de voie, on traverse parfois une crise identitaire : on quitte des repères, une langue métier, un réseau, des habitudes. Au début, ça peut provoquer un sentiment de vide ou de désorientation. Comme quand on part dans un pays étranger et qu'on ressent "le mal du pays". Dans les deux cas, il y a un deuil à faire : de ce qui était connu, maîtrisé, rassurant.
Il y a aussi une forme de loyauté à déconstruire (envers sa culture, sa famille, son parcours scolaire ou pro dans lequel on s'était peut-être beaucoup investi), pour s’autoriser à explorer autre chose. L’expatriation demande de reconstruire de nouveaux repères. La reconversion aussi.
Mais l'avantage de cette exploration vers l'inconnu, c'est qu'elle nous amène à nous poser des questions sur nous-mêmes qu'on ne se serait peut-être jamais posées. Loin de chez soi, on se recentre souvent sur ce qui compte vraiment : qu'est-ce que je veux ? qu’est-ce qui me nourrit ? me fait vibrer ? C’est exactement le type de questions que pose une reconversion sincère.
Une diversité identitaire à créer

Au fil du temps, les expatriés construisent souvent un mélange entre leur culture d’origine et celle d’accueil. Une sorte d’identité hybride, unique.
De même, une reconversion réussie n’est pas un reniement du passé : c’est une intégration de ses expériences, au service d’un nouveau chemin plus aligné, qui nous permet d'évoluer vers une nouvelle version de nous-mêmes professionnellement.
Déménager ne veut pas dire oublier d'où l'on vient, de même que changer de voie ne veut pas dire repartir de zéro. Lorsque je fais un bilan de compétences avec mes clients, nous identifions toutes les compétences que la personne a développé dans ses expériences professionnelles précédentes qui peuvent être valorisées, transférées dans son nouveau projet professionnel ou apporter un "plus" qui la différencie.
Je crois qu'oser ce genre d'aventure, expatriation ou reconversion, ne sont pas des risques ou des erreurs de parcours. Ce sont des expériences que l'on peut choisir volontairement pour de bonnes raisons : découvrir, apprendre, évoluer et finalement, diversifier son identité, en lui ajoutant de nouvelles touches de couleurs.
🤔 Et vous ?

- Vous sentez-vous attachés à une identité culturelle ou professionnelle ?
- Avez-vous peur de vous éloigner de cette identité en explorant autre chose ?
- Et si je vous disais qu'il s'il ne s'agissait pas d'abandonner ce que vous pensiez être mais d'ouvrir la porte à tout ce que vous pourriez AUSSI être, qu'est-ce que cela provoque en vous ?
N'hésitez pas à me partager vos ressentis par retour de mail, je serais ravie d'en discuter avec vous !
Si ce que je partage vous plaît, il y a 3 manières dont je peux éventuellement vous aider :
1. Recevez mon programme d'auto-coaching "7 jours pour se poser les bonnes questions" et découvrir de nouvelles perspectives sur la manière de construire votre orientation professionnelle.
2. Envisagez un bilan de compétences éligible au CPF pour faire le point sur votre parcours et définir un projet professionnel en phase avec vous-mêmes.
3. Profitez de mes séances de coaching sur-mesure et à prix conscient pour vous débloquer face à un obstacle ou être accompagnés dans la mise en œuvre de vos aspirations.
Enfin : n'hésitez pas à interagir avec moi en cliquant sur le pouce 👍👎pour me donner votre feedback sur cette newsletter et/ou en me répondant directement à cet email. Je réponds à chaque personne qui m'écrit.