Cette newsletter est le deuxième chapitre de mon bilan 2025 : comment une année au Vietnam m'a transformée.
Si tu n'as pas encore lu le premier chapitre, je l'ai publié ici.
Trouver sa tribu au-delà des frontières
Je ne cherche plus à m'identifier à un pays ou une nationalité. Ces étiquettes me semblent de plus en plus étroites, insuffisantes pour dire qui je suis vraiment. Je m'identifie aux gens qui partagent mes valeurs, peu importe d'où ils viennent, peu importe la couleur de leur passeport ou l'accent avec lequel ils parlent.
Il y'a des Français dont je me sens très éloignée tellement nos valeurs nous opposent. Mais il y'en a aussi avec qui je ressens de fortes affinités car nous croyons et défendons les mêmes principes. De la même manière, il y'a des Vietnamiens très différents de moi et d'autres dont je me sens plus proche car ils partagent les mêmes réflexions, intuitions et centres d'intérêts que moi.
Ce sentiment d'appartenance à cette catégorie de personnes compte infiniment plus pour moi que n'importe quelle nationalité inscrite sur un document administratif. Les convictions partagées créent plus de liens, plus de connexion véritable que les origines communes. Les nationalismes et les guerres d'identité n'apportent rien d'autre que de la division et de la souffrance, on le voit bien partout dans le monde.
Mais alors, qui sont ces personnes, cette "tribu", à laquelle je m'identifie aujourd'hui ?
Il n'est pas facile de les décrire en une seule phrase. Je dirais que ce sont des personnes atypiques et pionnières, qui cherchent à se libérer de certains mécanismes dans notre société qui les oppressent et/ou oppressent les autres. Elles cherchent à s'éduquer, travailler, relationner et vivre autrement. Elles portent des convictions écologiques profondes, une ouverture multiculturelle sincère, une connexion aux énergies féminines ou "yin" (écoute, réceptivité, lenteur) pour rééquilibrer les énergies masculines ou "yang" dans lesquelles nous baignons quotidiennement (compétition, action, productivité), un engagement dans le développement personnel et spirituel sans tomber dans le sectarisme, une implication solidaire dans la société.
Ce qui les caractérise surtout, ce qui fait vraiment la différence, c'est qu'elles font preuve de cohérence entre ce qu'elles croient et ce qu'elles vivent au quotidien. Elles ne se contentent pas de dire qu'elles se préoccupent de l'environnement en sirotant leur café équitable, elles changent vraiment leur façon de consommer, de se déplacer, d'habiter, de travailler. Ce sont des personnes qui ont fait des choix forts qui les met en vulnérabilité et en marge par rapport à la majorité des gens, à leur amis ou leurs familles, parce qu'elles ont décidé de démissionner, de déménager, de s'éduquer différemment.
Ce ne sont pas des personnes expertes qui ont réponse à tout ou complètement parfaites sans aucune contradiction mais des personnes humaines qui se questionnent, qui cherchent, qui essaient... pour explorer des alternatives ou qui s'engagent à les créer. Un groupe invisible, silencieux, qui construit la transition vers une autre société sans fanfare ni grands discours médiatiques.
Il y'a eu des tentatives pour les définir. Le sociologue américain Paul Ray et la psychologue américaine Sherry Anderson les appellent les "créatifs culturels". Le journaliste Eric Dupin les appelle "les défricheurs". De mon côté, j'entends souvent le terme "d'acteurs du changement" ou "changemakers". Certains les appellent "les transitionneurs" ou "les pélerins de notre époque", ceux qui se mettent en route pour trouver ou donner un sens à leur vie.
Personnellement, je ne suis pas fan des étiquettes ou des cases qu'on utilise pour définir une catégorie de personnes car je les trouve souvent enfermantes et limitées. Elles ne reflètent pas la diversité et les nuances qui existent au sein d'un groupe, et cela l'expose à tout un tas de raccourcis, à la caricature et la critique facile. Mais cela peut aussi aider certaines personnes qui se sentent différentes à mettre des mots sur leurs ressentis et à réaliser qu'elles ne sont pas seules.
Pour ma part, je sens que je suis tout simplement appelée par ce mouvement global aux contours flous. Cela ne date bien sûr pas d'hier car mes engagements et mes réseaux à Paris le reflétaient déjà mais mon voyage au Vietnam a renforcé ces valeurs et les a rendues d'autant plus visibles à mes yeux. J'ai rencontré des Vietnamiens qui se posaient les mêmes questions que moi, j'ai constaté que les problèmes que j'observais en France existaient aussi au Vietnam ou commençaient à pointer le bout de leur nez, et que nous étions tous, de manière globale, concernés.
Je t'en parlerai plus en détail dans le prochain chapitre : "Vivre au Vietnam, retour vers le passé".
🤔 Et toi ?
Si ce dont je parle t'interroge ou t'intrigue, je te propose de découvrir des initiatives concrètes qui font partie de cet écosystème "d'acteurs du changement" dans lequel je gravite depuis plusieurs années.
Mouvement T
Mouvement T porte une ambition forte : transformer le monde du travail pour le rendre plus doux et plus respectueux des limites du vivant et de chacun. En réunissant cadres, étudiant.e.s et professionnels engagé.e.s, Mouvement T est une communauté déterminée à bâtir un avenir où chacun pourra trouver sa place au travail sans sacrifier sa santé ou sa dignité.
Colibris
Créé en 2007 sous l’impulsion de Pierre Rabhi et quelques proches, le Mouvement Colibris est un mouvement citoyen qui œuvre à l’émergence d’une société écologique et solidaire, radicalement différente, en favorisant le passage à l’action individuelle et collective. Persuadé que chacune et chacun détient une part de la solution, il accompagne ainsi des milliers de personnes et collectifs, partout sur les territoires, qui imaginent ensemble un nouveau modèle de société, basé sur les valeurs de sobriété heureuse, de coopération et de respect du vivant.
Université du Nous
Depuis 2010, l'Université du Nous réinvente le "faire ensemble" par sa propre expérience de la coopération et de l'intelligence collective, et trouve sa raison d'être par la transmission de ses apprentissages aux personnes et organisations qui veulent aussi emprunter ce chemin, animé·es par une profonde envie (et espoir) de transition de société.
Le Travail qui relie
Des milliers de personnes de par le monde ont déjà participé à la spirale du Travail Qui Relie dont l’intention est de soutenir le désir et la capacité à prendre part à la guérison de notre monde. Conçue en réponse à l'angoisse latente qui paralyse nos sociétés, cette approche aide les personnes à accueillir pleinement ce qu’elles ressentent pour le monde tout en trouvant le courage et les liens de solidarité dont elles ont besoin pour s’engager.
Institut des Futurs souhaitables
Dans cette période de métamorphoses, l’Institut des Futurs souhaitables propose à celles et ceux qui le désirent de se saisir de cette opportunité pour inventer un monde plus souhaitable en apportant des clés de lecture du présent, ainsi que des armes créatives visant à participer, avec bienveillance et bien-vaillance, à la construction de ce nouveau monde qui s’annonce.
📰 En ce moment

Je reviens de dix jours de voyage à Okinawa au Japon. Un endroit qui me fascinait pour sa réputation de "zone bleue".
Malheureusement, je n'ai pas pu observer la culture de la longévité qui donne à Okinawa son titre de "zone bleue" car ce style de vie est en réalité invisible. Mon interprétation est qu'il est pratiqué par une minorité de la population (les personnes les plus âgées qui sont centenaires aujourd'hui) dans les villages et les zones reculées, alors que les jeunes générations vivent aujourd'hui de manière moderne et urbaine, bien loin de ces valeurs traditionnelles.
En réalité, j'ai surtout été marquée par la présence des bases militaires américaines à Okinawa et l'influence des Américains à travers l'importation de la culture fast-food, des steak houses, et des sandwichs au SPAM (viande de porc transformée en conserve). Le paradoxe est qu'Okinawa, malgré sa réputation de "zone bleue", souffre actuellement des taux d'obésité les plus élevés du Japon...
Enfin, nous avons réalisé avec mon compagnon que ce voyage était peut-être celui de trop. Nous étions parfois complètement blasés, parce que nous sommes fatigués de voyager depuis 1 an, de la logistique qui va avec, de réserver des hôtels, des tickets de transport, de chercher des restaurants, des points d'intérêts touristiques... si bien que nous n'apprécions plus autant le voyage.
Voyager fait rêver, mais c'est comme tout plaisir : au bout d'un moment, on s'y habitue. Et chaque voyage supplémentaire apporte un degré de bonheur marginal de plus en plus faible. Alors nous avons décidé d'arrêter les voyages. Il nous restait encore tout le Nord du Vietnam à découvrir avant notre retour en France prévu en avril, mais tant pis, nous le ferons une prochaine fois. A quoi ça sert de se forcer à voyager si nous ne profitons plus comme avant ? Nous allons donc nous poser à Hoi An jusqu'à notre retour en France et sommes à nouveau à la recherche d'une maison à louer.
Dans cette même volonté de ralentissement, tu as peut-être remarqué que la publication de cette newsletter est moins fréquente ces derniers temps. J'ai également décidé de ne plus publier systématiquement chaque dimanche à 10h. Cette cadence que je m'imposais me donnait l'impression de me transformer en "machine à produire". De plus, certaines personnes m'ont confié qu'elles n'avaient pas toujours le temps de lire ce que j'envoie chaque semaine donc pourquoi me forcer à écrire pour rajouter encore plus de bruit dans ta boîte mail ?
Désormais, j'écrirais uniquement quand j'aurais quelque chose à dire. Cela me paraît plus authentique, plus sain, plus organique.
A bientôt !
Si ce que je partage te plaît, il y a 3 manières dont je peux éventuellement t'aider :
1. Reçois mon programme d'auto-coaching "7 jours pour se poser les bonnes questions" et découvrir de nouvelles perspectives sur la manière de construire ton orientation professionnelle.
2. Envisage un bilan de compétences éligible au CPF pour faire le point sur ton parcours et définir un projet professionnel en phase avec toi-même.
3. Profite de mes séances de coaching sur-mesure pour te débloquer face à un obstacle ou être accompagné⸱e dans la mise en œuvre de tes aspirations.
Enfin : n'hésite pas à interagir avec moi en cliquant sur le pouce 👍👎pour me donner ton feedback sur cette newsletter et/ou en me répondant directement à cet email. Je réponds à chaque personne qui m'écrit.