Ceci est le septième et dernier chapitre de mon bilan 2025 : comment une année au Vietnam m'a transformée.
Si tu n'as pas encore lu les six premiers chapitres, ils sont ici :
- Chapitre 1 : Française ou Vietnamienne ? La fausse question
- Chapitre 2 : Mes valeurs n'ont pas de passeport
- Chapitre 3 : Vivre au Vietnam, retour vers le passé
- Chapitre 4 : J'ai oublié de vivre à force de travailler
- Chapitre 5 : Faire par soi-même pour se libérer
- Chapitre 6 : Tout ce qui compte est dans les liens
Me voici enfin à la dernière page de ce bilan 2025 au Vietnam.
Lorsque je suis partie l'année dernière, je n'avais pas de date de retour prévue en France. C'était un saut dans le vide.
J'avais en moi plusieurs questions : dans quelle mesure mon identité serait transformée par un retour dans mon pays d'origine ? Pourrions-nous envisager, mon compagnon et moi, de nous installer durablement au Vietnam ?
Les leçons de cette année m'ont apporté finalement des réponses plus complexes que les questions simplistes que je me posais.
Mon identité ne s'est pas affirmée par rapport à ma nationalité ou ma culture, mais par rapport à mes valeurs. J'en ressors avec plus de clarté sur la manière dont je veux vivre et contribuer au monde. Et cela a fait émerger de nouveaux critères de lieu de vie qui dépendent d'un environnement plus que d'un pays.
Pourquoi je rentre en France ?
C'est la question que tout le monde me pose. Il y'a autour de moi des amis qui sont expatriés au Vietnam et qui ont fait le choix d'y rester. Et d'autres qui décident, comme nous, de rentrer.
Pour chaque personne, les histoires et les raisons sont différentes.
En ce qui me concerne, je me suis rendue compte que notre démarche d'exploration au Vietnam, en étant nomades, sans avoir d'attache professionnelle, nous a permis de découvrir beaucoup plus le pays que certains expatriés qui sont arrivés directement dans une grande ville comme Hanoï ou Hô-Chi-Minh pour y travailler. Mais en contrepartie, nous nous sommes moins "ancrés" car nous n'avions pas de routine à laquelle nous accrocher.
Je crois que c'était tout de même une bonne idée pour nous de ne pas nous engager trop rapidement quelque part et de prendre le temps d'explorer. Cela nous a permis de conscientiser les critères qui sont importants pour nous dans le choix d'un lieu de vie et d'identifier que la ville de Hoi An est celle qui nous correspond le mieux. C'est-à-dire une ville de taille moyenne, où on peut facilement se déplacer dans tous les endroits à vélo et retrouver ses amis rapidement à un lieu de rendez-vous. Une ville tranquille avec du charme, proche de la nature (les rizières et la plage), tout en étant connectée aux transports et aux services modernes.
Hoi An est devenu notre ville préférée du Vietnam, notre petit paradis. Nous nous y sommes fait des amis et nous y avons vécu nos plus beaux souvenirs. Pourtant, nous avons décidé de ne pas nous installer à Hoi An pour l'instant, en raison d'une combinaison de facteurs.
L'importance d'avoir un projet
Bien que nous nous plaisions à Hoi An, nous avions là-bas un style de vie de "vacanciers". Pour mon compagnon qui ne travaillait plus, c'était un cadre idyllique mais à un moment donné, le vide s'est fait sentir. Après avoir dépassé la période "vacances", il a naturellement éprouvé le besoin de donner du sens à ses journées en faisant quelque chose d'utile. En se posant des questions sur le projet professionnel qu'il pourrait développer à Hoi An, les réponses ne sont pas venues.
La ville de Hoi An est une ville touristique, c'est le coeur de l'économie. Il y'a peu d'opportunités professionnelles pour les Vietnamiens dans cette ville à part dans cette industrie. La plupart des expatriés qui y travaillent ont monté leur business dans la restauration ou l'hôtellerie, ou alors sont digital nomades avec un travail en ligne. Et aucune de ces options ne l'intéressait.
Son projet professionnel aujourd'hui s'articule plutôt autour de causes qui sont importantes pour lui, dans le secteur social, avec un impact local. Et pour ce genre de projet, il se sent plus à l'aise d'explorer les thématiques qui l'intéresse en France, où il maîtrise la langue et la culture.
En ce qui me concerne, je n'ai pas de projet professionnel qui nécessite d'être ancrée de la même manière dans un territoire car je peux travailler à distance. C'est donc facile pour moi de le suivre et de le soutenir à mon tour. Et ce n'est pas un choix que je fais non plus par défaut. Cette année à travailler comme digitale nomade m'a permis de réaliser que je ne souhaite plus travailler des heures par jour assise devant un ordinateur. Cela me cause trop de problèmes de santé comme des troubles musculo-squelettiques et de la fatigue cognitive. Finalement, je ressens moi aussi le besoin de m'ancrer dans un territoire et de travailler dans une unité de temps et de lieu avec les acteurs qui sont autour de moi.
Les critères géographiques d'un lieu de vie ne suffisent donc pas pour s'y projeter. Il faut aussi avoir une raison d'être là, un projet professionnel ou personnel qui nous tient à coeur, qui nous engage, qui nous attache, qui nous ancre... et qui nous fait sentir que nous ne sommes pas juste "de passage".
L'importance d'avoir des liens stables
En parlant d'être de passage, c'est justement la limite que nous avons expérimentée à Hoi An : dans cette ville, il y'a beaucoup de gens de passage. C'est une ville touristique et saisonnière, qui attire beaucoup de monde entre février et mai. La saison des pluies, entre septembre et janvier, n'est pas très agréable et il y'a même eu des inondations exceptionnelles cette année qui font que la plupart des gens ne restent pas à cette période. Parmi les amis que nous nous sommes faits, il y'avait donc beaucoup de turn-over. Ce sont des voyageurs comme nous, qui restent quelques mois, et qui finissent par partir ailleurs. Nous n'étions pas tous engagés dans les mêmes projets et n'allions pas dans les mêmes directions. Ce qui fait que nos liens n'étaient pas suffisants pour nous ancrer tous en même temps dans cet endroit.
Il me paraît important pour s'engager quelque part d'avoir un projet mais aussi un réseau social relativement stable : des personnes qu'on va retrouver régulièrement que ce soit des collègues, des amis dans une association sportive ou caritative, ou des voisins que l'on peut voir toute l'année.
On en revient encore une fois à la notion d'engagement : quels sont les projets et les liens qui nous engagent à un endroit plutôt qu'un autre ?
Les écovillages, l'alliance parfaite entre les deux ?
Après ce voyage, j'ai maintenant des indices beaucoup plus clairs sur l'environnement de vie que je recherche. Je cherche à développer un ancrage territorial plutôt qu'une hyper-mobilité qui isole et fatigue. Je cherche aussi à rejoindre un collectif ou une communauté de personnes avec qui faire "projet commun" et aller dans le même sens, sur qui je peux compter et avec qui partager le quotidien dans sa banalité comme dans ses moments extraordinaires.
J'ai envie de vivre plus en accord avec des valeurs écologiques : le respect du vivant sous toutes ses formes, les animaux, les plantes, les écosystèmes. Vivre dans une sobriété joyeuse, pas cette austérité triste qu'on imagine mais ce bonheur simple qui consiste à vivre avec moins, mais mieux, et qui m'a été inspirée par ma famille vietnamienne.
Je recherche plus d'autonomie et de souveraineté dans ma vie, avec le souhait de développer des compétences manuelles, pas seulement intellectuelles comme j'ai fait toute ma vie dans mes études et mon travail, en étant active au quotidien dans mon environnement et non plus sédentaire derrière un ordinateur.
Et il semble que les écovillages sont les environnements de vie et de travail qui semblent correspondent à ces critères. Ils se développent de plus en plus en France (alors que ce concept n'existe pas au Vietnam) et beaucoup d'entre eux sont en recherche de personnes pour les rejoindre.
Explorer cette piste, c'est ce qui vaut le coup de revenir en France pour moi.
C'est quoi un "écovillage" ?

Le nom peut être trompeur car c'est un lieu qui n'est pas forcément un village, comme on pourrait se l'imaginer traditionnellement, avec des petites maisons en pierre, un bourg et un clocher.
On parle aussi d'écolieux, d'éco-hameaux ou d'oasis. Généralement, ce sont plutôt des domaines qui s'étendent sur plusieurs hectares en campagne. Il peut y'avoir un ou plusieurs bâtiments centraux et partagés (cuisines, salles communes, bibliothèque...), ainsi que des habitations individuelles, qui peuvent être dans le dur ou sous forme d'habitats légers (tiny houses, roulottes, caravanes, dômes, cabanes...).
C'est difficile d'en faire une description générale car il y'en a de toutes sortes et de toutes tailles. Certains regroupent moins d'une dizaine de personnes qui vivent sur place à l'année, d'autres une cinquantaine. Certains se focalisent plus sur l'autonomie alimentaire et énergétique avec des potagers en permaculture, d'autres sur la gouvernance démocratique ou le développement personnel et spirituel. En fait, ces lieux sont des micro-laboratoires qui cherchent à réinventer tout un tas de choses : le rapport au travail, l'harmonie avec la nature, l'autosuffisance alimentaire et énergétique, comment vivre en société et prendre des décisions en commun, comment entrer en relation avec les autres et prendre soin...
Voici par exemple celui de Sainte-Camelle en Ariège que nous allons visiter au mois de Juillet. Nous avons rencontré les fondateurs de cet écovillage à Hoi An alors qu'ils venaient en vacances pour la première fois au Vietnam ! Comme on dit, il n'y a pas de hasard...
Présentation de l'écovillage de Sainte-Camelle en vidéo.
De manière générale, les écovillages sont des lieux qui se construisent autour de l'écologie (d'où le préfixe "éco"). On parle autant d'une écologie extérieure (harmonie avec le vivant) qu'intérieure (développement personnel et travail sur soi).
En plus de l'écologie, il y'a deux autres composantes : des modèles économiques alternatifs (on y trouve des activités économiques collectives autour de l'accueil, de l'écotourisme, l'organisation de stages et de formations, ou tournées vers l'objectif d''autosuffisance...) et une vie collective active (soit sous la forme communautaire, où tout est partagé entre les habitants comme le travail, les habitations, les revenus; soit sous forme plus légère avec un équilibre entre vie individuelle et temps partagés collectifs).
Si je m'oriente vers ces modes de vie et de travail alternatifs aujourd'hui, ce n'est pas par hasard. C'est le fruit direct de la maturation de mon voyage au Vietnam où j'ai pu observer et expérimenter comment les gens développent là-bas une économie locale de manière très spontanée, mais aussi comment ils vivent dans une culture du collectif.
Pour beaucoup de Français qui souffrent de la société individualiste, de la solitude et du manque de sens, le modèle des écovillages se présente comme une alternative. Une sorte de retour à l'esprit de village d'antan, à la terre et au local. Quelque chose qu'on peut encore expérimenter au Vietnam finalement.
Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à consulter la page Wikipédia sur les écovillages.
Je participerai également au Festival Oasis du 1er au 4 août en Bourgogne qui est le premier rassemblement de France des écovillages.
Et j'ai prévu de visiter d'autres écovillages entre juin et août, un petit tour de France pour découvrir ces terres inconnues où je ne serai jamais allée autrement !
Redécouvrir la France

En me lançant dans l'exploration des écovillages qui sont dispersés un peu partout dans les campagnes françaises, je vais redécouvrir la France. La Bourgogne, l'Isère, la Drôme, l'Ardèche, l'Ariège...
Paradoxalement, en voulant apprendre à connaître le Vietnam, je me suis rendue compte que je n'avais jamais mené cette démarche de curiosité délibérée envers mon propre pays : la France. Je considérais ma culture d'adoption comme acquise, évidente, comme quelque chose qu'on connaît sans avoir besoin de l'étudier vraiment, juste parce qu'on y baigne depuis toujours. Mon périple au Vietnam m'a redonné l'envie de découvrir la France, ce pays où j'ai grandi et que je ne connais finalement pas tant que ça.
J'ai grandi en Bretagne pendant 18 ans, dans une petite ville des Côtes d'Armor. Puis j'ai fait mes études à Paris et j'ai vécu 12 ans dans cette ville incroyable et épuisante à la fois. J'ai conscience que Paris est une bulle, ce n'est pas plus représentatif de la France qu'Hô-Chi-Minh Ville ne l'est du Vietnam. Je n'ai jamais pris le temps d'explorer vraiment les autres régions, de rencontrer leurs habitants, de comprendre comment ils vivent, ce qui les anime, ce qui fait leur quotidien. J'ai visité des villes en touriste, certes, fait des week-ends ici et là, mais qu'est-ce que je connais vraiment de la France, au fond ? De sa diversité, de ses cultures régionales, de ses façons de vivre si différentes selon qu'on habite au Nord ou au Sud, en montagne ou en bord de mer ?
Les meilleurs connaisseurs d'un pays ne sont pas forcément ceux qui y sont nés et qui en ont la nationalité. Ce sont les curieux, ceux qui posent des questions même quand elles semblent bêtes, qui s'intéressent vraiment aux gens, qui prennent le temps d'écouter et d'observer.
En voulant questionner "qu'est-ce qu'être Vietnamien ?", je me suis rendue compte que moi-même, je ne savais pas forcément définir "qu'est-ce qu'être Français" !
Est-ce que je vais revenir au Vietnam ?
Beaucoup de personnes me posent aussi cette question. J'ai l'intention d'y revenir car je serais toujours liée à ce pays par mon histoire. J'ai maintenant la nationalité et la possibilité d'y faire mes papiers d'identité sur place. J'ai de la famille et des amis au Vietnam. C'est vraiment comme une deuxième terre d'accueil pour moi.
Ça l'est devenue aussi pour mon compagnon. Je suis heureuse d'avoir vécu cette aventure avec lui car il a pu développer un attachement au Vietnam alors qu'il n'a pas de lien avec ce pays à la base. Il a été adopté affectivement par ma famille biologique (qui demande à chaque fois qu'on les voit "quand est-ce qu'on se marie" !) et a été tellement bien accueilli de manière générale par les Vietnamiens. Il a appris la langue et s'est senti si bien dans ce pays qu'il me dit : "si je n'avais pas ma famille et mes amis en France, et que j'avais un projet professionnel, je vivrais au Vietnam sans hésiter !".
C'est donc la fin d'un chapitre au Vietnam pour lui et moi, mais ce n'est pas la fin de l'histoire. Parfois, il faut partir pour mieux revenir. La vie est faite de phases et d'alternances pour préserver notre équilibre car nos besoins et nos objectifs évoluent constamment. On ne peut pas savoir de quoi l'avenir est fait, il n'est donc pas exclu qu'un jour, la vie nous ramène au Vietnam, pour un projet professionnel ou de vie plus conséquent. Et qui sait ? Peut-être que ce sera une vie partagée entre les deux, où je pourrais passer plusieurs mois en France et au Vietnam dans l'année ? Rien n'est impossible !

La conclusion d'une quête identitaire
Ce que j'ai retenu de ce voyage, qui était aussi une quête identitaire, c'est qu'il ne suffit pas de retourner dans son pays d'origine pour obtenir toutes les réponses à ses questions. On en obtient certaines, parfois la question change de forme au cours du temps, puis on repart avec de nouvelles questions.
C'est comme si on ne faisait jamais vraiment le tour du sujet. Ou plutôt qu'on tournait en spirale. A chaque passage, une nouvelle couche de complexité se forme. Ce n'était pas mon premier voyage au Vietnam : j'y étais allée pour la première fois à 10 ans, la deuxième fois à 20 ans, la troisième fois à 24 ans, la quatrième fois à 29 ans et la cinquième fois à 30 ans. A chaque âge, j'ai vécu une expérience différente et ma relation à mon pays d'origine a évolué, entre fascination, déception, peur, curiosité et attachement.
Finalement, aller à la rencontre d'un pays, c'est comme aller à la rencontre d'une personne. On ne peut pas dire qu'on connaît quelqu'un après une seule discussion, comme on ne peut pas dire qu'on connaît un pays après un seul voyage. A chaque voyage, on découvre de nouvelles nuances, sur le pays, sur soi-même, sur son rapport à la culture et à son identité, sur ce qu'on aime et ce qu'on n'aime pas. Il faut du temps pour observer, comprendre, rire, changer d'avis. Parfois on se sépare car on évolue, on part, on déménage, on revient. Comme dans une relation, il faut plusieurs expériences et du temps long, pour petit à petit se découvrir, s'apprécier, se disputer, se réconcilier, s'aimer.
Aimer, je crois que c'est ça, la finalité. Plus on apprend à connaître l'autre, plus on le comprend, plus on l'aime. C'est pareil avec son pays d'origine. Choisir d'entrer en relation avec lui, c'est peut-être risquer de souffrir mais c'est aussi risquer de l'aimer et par extension d'aimer cette partie de soi-même.
J'aurais pu choisir de laisser cette histoire au passé, loin derrière moi. Ne pas chercher à revenir sur la terre de mes ancêtres, ni à comprendre d'où je venais biologiquement, en me disant que tout cela n'a plus rien à voir avec ce que je vis ou ce que je suis aujourd'hui. Je me serais épargnée toutes ces expériences, ces hauts et ces bas, ces larmes et ces rires. J'aurais évité de m'attacher à ce pays, de souffrir de cet attachement, et de me sentir encore plus écartelée entre deux mondes.
Certains choisissent de ne jamais pousser cette porte. Je suis convaincue qu'il n'y a pas de bon ou de mauvais choix. En ce qui me concerne, j'ai fait le choix de suivre ma curiosité, de créer cette relation, de la développer, à ses risques et périls, pour apprendre à aimer l'endroit d'où je viens, à m'aimer totalement, y compris dans les zones les plus inconnues, refoulées et effrayantes de mon histoire.
📰 En ce moment
Quelques nouvelles depuis tout ce temps ! J'écris en ce moment ces lignes depuis la France. Je suis rentrée à Paris le 15 avril. Tout s'est enchaîné : le réaménagement dans le studio de mon compagnon comme pied à terre temporaire, les cartons à trier, les retrouvailles avec sa famille et ses amis qui habitent dans la région parisienne. En ce moment, je suis en Bretagne auprès de ma famille que je n'ai pas vue depuis plus d'1 an.
Le départ du Vietnam et l'arrivée en France n'ont pas été un choc. Il faut dire que cela faisait des mois qu'on se projetait sur ce retour et qu'on avait commencé à planifier nos projets pour l'été. J'avais eu le temps de me préparer psychologiquement.
Mais j'ai eu du mal à réaliser que la page se tournait vraiment, jusqu'au dernier moment où je me trouvais dans le taxi pour l'aéroport d'Hô-Chi-Minh. J'ai vu les scooters pétarader dans les rues, les enseignes écrites en vietnamien, les cafés sur les trottoirs... et j'ai réalisé que c'était la dernière fois avant un moment que je ne reverrais plus ces scènes si typiques du Vietnam. C'est là que j'ai compris que c'était fini, et que j'ai eu les larmes aux yeux.

En arrivant en France, tout était familier et en même temps si étranger. J'ai retrouvé les mêmes paysages que ceux dont j'avais l'habitude, les mêmes repères. Et pourtant, je regardais tout autour de moi avec des yeux d'observatrice extérieure. J'ai senti que quelque chose avait changé. Je ne suis plus une Française qui baigne dans sa culture et qui ne se pose aucune question. Maintenant, j'ai un nouveau référentiel, celui du Vietnam : je peux comparer les deux cultures et prendre du recul.
J'ai aussi soudain réalisé en regardant les visages autour de moi que je ne ressemblais plus aux gens dans les rues. Après avoir vécu plus d'1 an au Vietnam, où tout le monde me prenait pour une Vietnamienne, une petite couche de déni s'est enlevée. Avant, j'avais tellement intégré mon identité française que je me croyais presque blanche de l'extérieur et que je ne comprenais pas pourquoi les gens me voyaient parfois comme une Asiatique. En revenant en France, j'ai pleuré car j'ai enfin compris que je venais vraiment d'ailleurs.
🌱 A suivre...
Cette newsletter est la fin d'une phase de vie. Je vais rentrer dans les prochains mois dans une zone de grands changements personnels et professionnels. Je n'ai plus de logement et je ne souhaite plus vivre en région parisienne. Je vais donc profiter de cette situation inédite pour continuer à être nomade en France, et chercher l'environnement dans lequel je veux vivre et travailler.
Comme je souhaite moins travailler sur l'ordinateur, peut-être que je vais continuer à travailler dans l'accompagnement à la transition professionnelle sous d'autres formes, par exemple en organisant des stages collectifs ou des séjours en présentiel. Ou peut-être que mes compétences de formatrice, de coach et de consultante vont se déployer à une échelle plus locale et expérientielle, peut-être dans un de ces fameux écovillages ?
J'ai des pistes sur les scénarios potentiels qui pourraient se développer. Mais je ne veux rien planifier ni projeter. La vie m'a appris que rien ne se passe comme on l'imagine.
Je ne sais pas non plus dans quelle mesure je vais continuer à écrire dans cette newsletter régulièrement. Peut-être que je serai plus silencieuse que d'habitude. J'essaie désormais de prendre du recul avec cette culture hyper-connectée des réseaux sociaux et de l'instantanéité dans laquelle on est baignés. Je vais sûrement avoir beaucoup de choses à raconter dans les prochains mois mais je ne souhaite pas juste écrire pour raconter ma vie. J'ai envie d'écrire à partir d'un endroit juste, sans égo, pour aider d'autres personnes dans leurs propres questionnements, en partageant un bout de mon chemin à moi.
N'hésite pas à me partager ce que cette newsletter t'apporte, les questions sur lesquelles tu aimerais que je réponde ou les sujets sur lesquels tu aimerais que je partage la prochaine fois. Cela me motivera à reprendre la plume.
A bientôt !